Livestock Research for Rural Development 38 (1) 2026 LRRD Search LRRD Misssion Guide for preparation of papers LRRD Newsletter

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Essai comparé de production des larves de la mouche soldat noire Hermetia illucens L. (Diptera: Stratiomyidae) sur la bouse de vache, la fiente de poule et le lisier de porc

John Nihoreye Fakage1, Nathan Nyongombe Utsudienyema2 et Pascal Isumbisho Mwapu3

1 Département de Biologie, Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu. BP 854 Bukavu, RD Congo
jfakage@gmail.com
2 Faculté des Sciences Agronomiques, Département de Zootechnie, Université Pédagogique Nationale. BP 8815 Kinshasa, RD Congo
3 Laboratoire d’Etude des Milieux Aquatiques (LEMA), Institut Supérieur Pédagogique de la Gombe. BP 3580 Kinshasa, RD Congo

Résumé

Les larves de la mouche soldat noire Hermetia illucens L. ont reçu une attention accrue en raison de leur grand potentiel de conversion des déchets organiques en une ressource renouvelable particulièrement utilisable dans l’alimentation animale. L'optimisation de la culture de ces larves passe par l'amélioration des méthodes d'élevage. À cette fin, nous avons étudié l'effet de trois types de substrats sur les performances zootechniques et la composition nutritionnelle des larves. Le taux de survie, la biomasse et les teneurs en protéines, en lipides, en cendres et en fibres des larves élevées sur la bouse de vache, le lisier de porc et la fiente de poule ont été évalués.

Le taux de survie des larves de H. illucens nourris avec la fiente de poule (91,7 %) était plus élevé que celui des larves nourries avec de la bouse de vache (79 %) et du fumier de porc (74,3 %). Le poids sec moyen ainsi que la longueur moyenne les plus élevés ont été observés chez les larves élevées sur la fiente de poule (0,019 g ; 13,76 mm), avec des valeurs différentes de celles des larves produites sur la bouse de vache (0,005 g ; 9,52 mm). Les teneurs en protéines brutes (55,7%), lipides bruts (12,2%), en fibres brutes (12,1%) et en cendres (12,4%) des larves nourries avec la fiente de poule étaient aussi les plus élevées parmi les trois types de fumier utilisés, avec une différence pour les protéines brutes et les fibres brutes. La fiente de poule est recommandée comme choix préférable pour la production des larves de la mouche soldat noire à des fins d’alimentation pour volailles, porcs ou poissons dans le contexte de la Ville de Bukavu et ses contrées périphériques.

Mots clés : alimentation animale, composition nutritionnelle, fumier animal, performances zootechniques


Comparative trial of larvae production of the black soldier fly Hermetia illucens L. (Diptera: Stratiomyidae) on cow dung, chicken manure and pig manure

Abstract

Larvae of the black soldier fly Hermetia illucens L. have received increased attention due to their great potential for converting organic waste into a renewable resource that is particularly suitable for animal feed. Optimizing the culture of these larvae requires improving rearing methods. Towards this objective we studied the effect of three types of substrates on the larvae zootechnical performance and nutritional composition. The survival rate, biomass, and protein, lipid, ash, and fiber contents of larvae reared on cow dung, pig manure, and chicken manure were evaluated. The survival rate of H. illucens larvae fed with chicken manure (91.7 %) was higher than that of larvae fed with cow dung (79 %) and pig manure (74.3 %). The highest mean dry weight and mean length were observed in larvae reared on chicken manure (0.019 g; 13.76 mm), with values different from those of larvae produced on cow dung (0.005 g; 9.52 mm). The crude protein (55.7%), crude fat (12.2%), crude fiber (12.1%) and ash (12.4%) contents of the larvae fed with chicken manure were also the highest among the three types of manure used, with a difference for crude protein and crude fiber. Chicken manure is recommended as the preferred choice for the production of black soldier fly larvae for poultry, pig or fish feed in the context of Bukavu City and its surrounding areas.

Keywords: animal feed, animal manure, nutritional composition, zootechnical performance


Introduction

L'alimentation est le poste de dépenses le plus important dans l’élevage des animaux tels que la volaille, les poissons et les porcs, représentant 60 à 70 % du coût total de production (Mbansié et al 2022; Salinas et al 2023). La farine de poissons et la farine de soja, utilisées à cet effet comme principales sources conventionnelles des protéines, sont de plus en plus sollicitées. La demande croissante de ces ingrédients a non seulement entraîné leur rareté et une hausse de leurs prix sur le marché mais rendra aussi leur disponibilité limitée dans le futur (Makkar et al 2014; Salinas et al 2023).

De nombreuses études ont montré que l’élevage des insectes peut constituer une solution alternative pour ce problème, en particulier dans les pays en développement où la farine de poisson est importée à coût très élevé et donc difficilement disponible (Ogunji et al 2006). Les insectes grandissent et se reproduisent facilement, peuvent se nourrir de la biomasse résiduelle et la transformer en ressources alimentaires de grande valeur (Makkar et al 2014). Parmi les insectes utilisés en alimentation animale, il a été rapporté certaines espèces des Coléoptères (Tenebrio molitor), des Termites (Nasutitermes spp.), des Sauterelles (Ruspolia differens, Acrida cinerea) et des Diptères, incluant la mouche domestique (Musca domestica) et la mouche soldat noire (Hermetia illucens) (Devic et al 2018; Mbansié et al 2022; Nairuti et al 2022). De toutes ces ressources potentielles, les larves de la mouche soldat noire (MSN) semblent être plus performantes comme source de protéines dans les formulations d'aliments pour poissons (Muin et al 2017). Cela est dû à leur nature polyphage et vorace, ainsi qu'à leur efficacité à convertir les déchets organiques en nutriments de haute qualité (Nairuti et al 2022).

La production de larves de MSN gagne en popularité comme alternative durable aux sources traditionnelles d'alimentation animale (Rodrigues et al 2022 ; Makokha et al 2023). Elles constituent une source importante de protéines et de matières grasses, ce qui en fait une bonne alternative à l'alimentation animale, notamment pour l'aquaculture et l'aviculture (Rodrigues et al 2022; Opokua et al 2023). De plus, la MSN n'a pas été signalée comme ravageur ou vecteur d'agents pathogènes (Tomberlin et al 2009 ; Diener et al 2011). Il est également intéressant de noter que son stade larvaire a été signalé comme réduisant non seulement la quantité de déchets organiques, mais aussi des agents pathogènes tels qu'Escherichia coli et Salmonella enterica sur le compost organique (Erickson et al 2004 ; Bullock et al 2013). Cela rend les résidus suffisamment sûrs pour être utilisés comme engrais organique dans les cultures (Choi et al 2009 ; Banks et al 2014). Les larves de MSN réduisent également la population d'insectes nuisibles qui sont soit des parasites, soit des vecteurs d'agents pathogènes courants responsables de maladies tels que la mouche domestique, dans les zones autour des habitats des humains et des animaux domestiques (Nyakeri et al 2017; Shumo et al 2019; Salinas et al 2023).

L'inclusion réussie des larves de MSN dans l'alimentation des poissons a montré une amélioration des rendements piscicoles et une réduction des coûts de production, favorisant ainsi la rentabilité et l'utilisation des ressources (Nairuti et al 2022).

La MSN appartient à la famille des Stratiomyidae de l'ordre des Diptères et est originaire des Amériques, de l'Argentine au centre des États-Unis (Sheppard et al 1994). En raison de sa grande tolérance aux températures et de sa large répartition d'origine humaine, la MSN est désormais répandue dans les régions tempérées et tropicales du monde entier (Cammack et al 2021).

La MSN, qui est un insecte détritivore, a reçu une attention considérable en raison de sa capacité à se développer sur divers déchets organiques, tels que le fumier de bétail, les excréments humains, la fraction organique des déchets solides municipaux, les déchets alimentaires, les résidus agricoles, le lixiviat de compost, le lixiviat de décharge, les déchets d'élevage d'insectes, les abats de poisson et les restes de vertébrés (Surendra et al 2020).

Le fumier constitue la principale source d’alimentation pour de nombreuses larves d’insectes dans la nature, les transformant ainsi en biomasse ; il sert aussi de substrat de ponte pour plusieurs espèces d’insectes (Newton et al 2005).

À ce jour, les systèmes de production des larves de la MSN qui utilisent le fumier comme substrat alimentaire ne sont décrits que dans un nombre limité d'études par rapport aux systèmes qui utilisent des aliments conventionnels pour animaux, des sous-produits issus de la transformation des produits végétaux et animaux ou des déchets alimentaires (Bosch et al 2019), mais ils gagneront probablement en importance à mesure qu'un nombre croissant d'engagements contraignants en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, associés à des objectifs spécifiques de réduction des émissions liées au fumier et aux engrais, seront adoptés dans les juridictions du monde entier (Grassauer et al 2023a).

Des matières organiques d’origine animale ont été utilisées comme substrats pour la production des asticots de mouches dans la région de Bukavu (Province du Sud-Kivu, RD Congo). C’est le cas des restes de poissons, du lisier de porc, du contenu du rumen, de la viande crue, de la bouse de vache et des crottes de chèvre (Akilimali et al 2019). Dans cette région, la bouse de vache, le lisier de porc et la fiente de poule s’avèrent être des substrats disponibles en quantités relativement importantes sur toute l’année et facilement accessibles, au vu des quantités générées dans le principal abattoir des bœufs et l’intérêt de plus en plus croissant porté sur l’élevage en stabulation des porcs et des poules dans la Ville de Bukavu.

A notre connaissance, il n’y a pas encore des publications sur l’étude comparative des paramètres zootechniques et de la composition proximale des larves de MSN élevées sur les trois substrats dans la région alors que celles-ci contribueraient, comme ingrédient, à une solution alternative à la problématique d’accessibilité et de coût des aliments de qualité dans les élevages intensifs à Bukavu, comme par exemple la pisciculture en cages flottantes telle que rapportée par Baguma et al (2023).

La faisabilité économique de l’utilisation des insectes comme aliments dépend en grande partie de flux de déchets organiques rentables et facilement disponibles (Shumo et al 2019). Plusieurs auteurs dont Holeh et al (2022) et Grassauer et al (2023b) ont montré que la croissance, le développement et la viabilité économique d'un aliment pour insectes dépendent principalement du substrat consommé par l'insecte tout au long de son développement.

L’objectif de la présente étude est de déterminer lequel parmi les trois types de déjections animales disponibles et facilement accessibles dans la ville de Bukavu et ses environs pourrait donner de meilleurs résultats en termes de taux de survie, de biomasse et de valeur nutritionnelle des larves de la mouche soldat noire dans la perspective d’une production à grande échelle de ces larves afin de fabriquer un aliment alternatif pour poissons.


Matériel et méthodes

Période et site d’expérimentation

L’expérimentation a été conduite du 8 au 28 octobre 2023 sur le site de l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP) de Bukavu (02° 30’ 35’’ S ; 28° 51’ 27’’ E ; 1577 m d’altitude), dans la Province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo.

Collecte des substrats

Le développement des larves a été réalisé sur trois types de déjections animales : la bouse de vache, le lisier de porc et la fiente de poule. La bouse de vache a été collectée à l'abattoir public de la Ville, le lisier a été collecté à la porcherie du Département d'Agrovétérinaire de l’ISP/Bukavu et la fiente de poule dans un poulailler des poulets de chair d’un particulier dans la Commune de Bagira en Ville de Bukavu. Les substrats frais ont été récoltés vers 6 heures du matin (pour éviter que le substrat soit visité par des mouches avant qu'on ne le récolte) sur le sol préalablement nettoyé la veille dans les habitats de ces animaux. Aussitôt récoltés, les substrats étaient mis dans des sachets hermétiquement fermés pour éviter un ensemencement précoce par des mouches.

Dispositif expérimental et suivi du développement des larves
Eclosion des larves

Les jeunes larves (de 6 jours après éclosion) ont été obtenues à partir des œufs de la mouche soldat noire mis en incubation sur le son de maïs dans des boîtes en plastique. Les œufs en question étaient acquis auprès d'un des fournisseurs spécialisés en élevage des mouches soldats noires opérant dans la Ville de Bukavu.

Elevage des larves

Après cette phase, les jeunes larves ont été transférées sur les substrats expérimentaux dans une enceinte d’élevage constitué d’un hangar de forme rectangulaire de 4 m de long, 3 m de large et d’une hauteur des murs de 1,70 à 2 m. Les côtés du hangar étaient soutenus par des sticks d'eucalyptus et non couverts pour permettre une bonne ventilation et un accès des larves en développement à la lumière solaire. Le toit, quant à lui, était fait par des sticks d'eucalyptus et couvert par une bâche en polyéthylène pour éviter que l'eau de pluie ne cause des perturbations dans le développement des asticots. Les substrats étaient placés dans des bassinets en plastique couverts par une toile moustiquaire usagé de mailles fines et ils étaient placés sur les planchettes disposées en 3 rangées dans le hangar.

Neufs bassinets ont été utilisés à raison de 3 bassinets (réplicats) par substrat (dispositif randomisé à 3 traitements et 3 répétitions). Dans chaque bassinet on mettait tout d'abord 250 g de substrat et ensuite on y ensemençait des larves à raison de 100 larves par réplicat.

Le suivi quotidien du développement se faisait par un contrôle du contenu des bassinets et l'arrosage à l’eau si nécessaire afin de maintenir une humidité dans les substrats. La récolte des asticots a été faite au 10 e jour après l'ensemencement et elle s'est faite grâce à une fouille systématique dans les bassinets.

Le taux de survie (exprimé en pourcentage) a été exprimé sous forme de rapport entre le nombre de larves à la fin et le nombre de larves au début de l'expérience.

Détermination de la biomasse des asticots

A la récolte, les asticots étaient tués à l'eau chaude puis placés dans des bocaux en plastique étiquetés. Après cette phase, tous les asticots récoltés par réplicat ont été pesés tous ensemble pour déterminer leur poids frais total. Ensuite, un échantillon fait de 40 asticots a été prélevé dans chaque réplicat pour la détermination de la taille puis du poids frais individuels. Le poids frais individuel a été déterminé grâce à une balance électronique de précision 0,0001 g de marque AND GH-202 tandis que pour la taille, il a été fait recours à un pied à coulisse. Après cette étape, ces larves ont été séchées à l'étuve pendant 24h et après dessiccation elles ont encore été pesées toutes ensemble puis individuellement (pour un échantillon de 40 larves) pour déterminer leur poids sec (total et individuel).

Détermination de la composition chimique proximale des asticots

Les échantillons d’asticots récoltés ont été séchés une deuxième fois au four à une température de 105 °C jusqu'à obtention d'une matière sèche de 92,7 %. Les échantillons séchés ont été soumis à une analyse proximale suivant les méthodes décrites par l’AOAC (2005) afin de déterminer les teneurs en protéines brutes, matières grasses, fibres brutes et cendres, tous répliqués trois fois selon un plan entièrement randomisé. L'azote a été dosé selon la méthode Kjeldahl, la matière grasse par extraction à l'éther de pétrole (point d'ébullition 40-60 °C) dans un appareil Soxhlet. La détermination des fibres brutes a impliqué la dissolution de l'amidon et des protéines de l'échantillon par ébullition avec un acide puis de la soude. Le résidu était constitué de fibres. La détermination des cendres a été effectuée par combustion de l'échantillon à 550 °C pour brûler les matières organiques. Les valeurs pour les différents paramètres analysés ont été exprimées en pourcentage de la matière sèche.

Analyse statistique des données

Les moyennes pour les différents paramètres étudiés ont été calculées sur des données brutes de chaque réplicat et chaque substrat. Pour un paramètre donné, l’erreur standard sur les moyennes (ESM) a été ensuite déterminée. Ces statistiques ont été résumées dans des tableaux. Leurs calculs ainsi que les tableaux ont été réalisées grâce au logiciel Excel version 2016. La comparaison de trois substrats étudiés par rapport à la biomasse (nombre, taille et poids des asticots) et à la composition chimique des asticots a été faite par le test statistique de Kruskal-Wallis couplé au test Dunn's Post Hoc lorsqu'il était établi que la différence entre les substrats dans l'ensemble était significative. La signification de différence était considérée au seuil de 5%. Le logiciel Past version 4.14 a été utilisé à cet effet.


Résultats

Taux de survie et biomasse des larves

Le Tableau 1 reprend les résultats sur le taux de survie, le poids frais et le poids sec individuels ainsi que la longueur du corps des larves de la mouche soldat noire au 10e jour d’élevage sur la bouse de vache, le lisier de porc et la fiente de poule. Il en ressort que les valeurs du taux de survie de ces larves ont varié selon les substrats de 74,3 à 91,7 %. Dans l’ensemble, une différence a été observée entre les trois types de substrats avec un taux de survie supérieur des larves produites sur la fiente de poule, comparativement à la bouse de vache et au lisier de porc qui se sont montrés similaires.

Tableau 1.Taux de survie et biomasse des larves de H. illucens élevées sur la bouse de vache, le lisier de porc et la fiente de poule. Valeurs exprimées en moyenne ± erreur standard

Paramètre

Bouse de vache

Lisier de porc

Fiente de poule

ESM

p

Taux de survie (%)

79,0a

74,3a

91,7b

4,38

0,02

Poids frais moyen (g)

0,027a

0,371ab

0,305b

0,09

0,03

Poids sec moyen (g)

0,005a

0,009ab

0,019b

0,00

0,03

Longueur moyenne (mm)

9,52a

10,5ab

13,8b

1,04

0,04

Les moyennes d’une même ligne dont les exposants n’ont aucune lettre en commun sont significativement différentes à p<0,05.

Le poids sec moyen et la longueur moyenne des larves élevées sur la fiente de poule (0,019 g ; 13,8 mm) se sont montrés élevés par rapport à ceux des larves produites sur la bouse de vache (0,005 g ; 9,52 mm). Cependant, les larves produites sur le lisier de porc se sont montrées comparables à celles obtenues sur les deux autres substrats par rapport au poids et à la taille.

Composition chimique proximale des asticots

Sur les quatre paramètres de la composition chimique proximale des asticots de H. illucens récoltés, il s’est observé un effet du substrat d’élevage pour les fibres brutes et les protéines brutes (Tableau 2).

Tableau 2. Moyennes (± erreur standard) de la composition proximale (en % de matière sèche) des asticots de H. illucens récoltés sur la bouse de vache, le lisier de porc et la fiente de poule

Paramètre

Bouse de vache

Lisier de porc

Fiente de poule

ESM

p

Cendres

11,8

11,5

12,4

0,20

0,15

Fibres brutes

9,00ab

8,17a

12,1b

0,97

0,03

Protéines brutes

49,6a

54,1ab

55,7b

1,49

0,03

Lipides bruts

11,7

11,2

12,2

0,24

0,40

Les moyennes d’une même ligne dont les exposants n’ont aucune lettre en commun sont significativement différentes à p<0,05.

Pour les deux paramètres, les valeurs les plus élevées ont été enregistrées sur la fiente de poule. Les teneurs des asticots en fibres brutes étaient comprises entre 8,17 % (sur le lisier de porc) et 12,1 % (sur la fiente de poule) avec une différence entre ces deux valeurs. La valeur intermédiaire (9,00 %), observée sur la bouse de vache, est comparable à chacune de celles de deux autres substrats. La teneur des larves en protéines brutes est plus élevée sur la fiente de poule (55,7 %) comparativement à la bouse de vache (49,6 %), avec le lisier de porc en position intermédiaire.

Pour les lipides bruts et les cendres, les larves produites sur la fiente de poule ont aussi montré des valeurs élevées par rapport aux deux autres substrats, quoi que n’étant pas vraiment différentes.


Discussion

Dans cette étude, nous avons mesuré le taux de survie, la biomasse potentielle et certains paramètres de la qualité nutritionnelle des larves de la mouche soldat noire - en tant que ressource non-conventionnelle pour l’alimentation des volailles, des poissons et des porcs - produits sur trois types de fumier animal facilement disponibles à Bukavu, RD Congo.

Les valeurs du taux de survie que nous avons obtenues dans notre étude varient entre 74,3 et 91,7 %, ce qui est en chevauchement avec la fourchette de valeurs (82,2 à 97,0 %) rapportées par Oonincx et al (2015) pour les larves de MSN élevées sur les mêmes types de fumier. Pour ce qui est du lisier de porc, la valeur du taux de survie observée dans la présente étude est identique à celui trouvé par Nguyen et al (2013) pendant que pour la fiente de poule, cette valeur est de loin inférieure à celle rapportée (98 %) pour les mêmes larves par Dzepe et al (2021). Cette relative infériorité s’expliquerait par le fait que l’échantillon de fiente utilisé dans l’expérimentation de Dzepe et al (2021) était traité de façon à réduire son niveau d’humidité. En effet, il est connu que des niveaux élevés d'humidité dans le substrat réduisent notamment le taux de survie des larves de MSN (Lalander et al 2020). C’est cette même explication qui pourrait permettre de comprendre pourquoi dans notre étude il s’est observé un taux de survie supérieur sur la fiente de poule comparativement aux deux autres substrats. Justement, ces derniers étaient au départ de notre expérimentation plus humides que la fiente de poule.

Les résultats de la présente étude relatifs à la taille des larves (9,52 à 13,8 mm) sont dans tous les cas inférieurs à ceux qui ont été observés pour la MSN par d’autres chercheurs qui ont utilisé des substrats identiques ou différents pour des périodes d’élevage de durées comparables. Nguyen et al (2013), dans un essai comparatif utilisant le foie de porc, le lisier de porc, les déchets de cuisine et un mélange des fruits et des légumes, avaient obtenu des larves de longueur variant de 18 à 22,2 mm. Il en est de même pour Mbansié et al (2022) qui avaient utilisé différentes combinaisons à base de drèche de brasserie et qui avaient obtenu des larves de 14,8 à 15,8 mm de longueur. Pour le poids frais et le poids sec des larves, les valeurs enregistrées pour la bouse de vache (0,027 g et 0,005 g respectivement) sont chaque fois inférieures à celles trouvées par Oonincx et al (2015) dans un essai comparatif utilisant ce substrat avec le lisier de porc et la fiente de poule (avec des intervalles de 0,068 - 0,083 g et de 0,014 - 0,017 g respectivement). Cette situation est inverse pour la fiente de poule et variable pour le lisier de porc. Oonincx et al (2015) avaient utilisé des fumiers préalablement séchés au four à 60°C, c’est qui aurait pu diminuer la qualité nutritive du fumier suite à la destruction des vitamines B thermolabiles et de certaines bactéries naturellement présentes dans les fumiers qui favorisent la croissance et le développement des larves (Cohen 2003 ; Yu et al 2010, 2011). Mais aussi, l’influence de la nature intrinsèque de chaque type de déchet sur le développement des larves de MSN, tel que reconnu par Humpy et al (2023), pourrait être en cause ici.

Les performances zootechniques des larves de MSN obtenues dans le cadre notre étude dépendent du type de substrat. Pour tous les trois paramètres analysés (poids frais, poids sec et longueur du corps), la bouse de vache a été la moins performante particulièrement en comparaison avec la fiente de poule. Cette performance relativement plus élevée de la fiente de poule serait encore une fois liée à sa structure plus consistante et son faible niveau d’humidité. Ceci est en accord avec l’observation faite par Lardé (1989) selon laquelle les larves de MSN aiment se développer sur un substrat plus homogène, plus dense et plus sec. La composition nutritionnelle des substrats, que nous n’avons pas analysée, est aussi évoquée à ce sujet comme facteur déterminant par Dortmans et al (2017).

Dans cette étude nous nous sommes aussi intéressés à la qualité nutritionnelle des larves de MSN telle qu’influencée par les trois types de déjections animales disponibles et facilement accessibles dans la Ville de Bukavu et ses périphéries. Les paramètres examinés à cet effet sont les protéines brutes, les lipides bruts, les cendres brutes et les fibres brutes.

Les protéines constituent le principal facteur de croissance dans les aliments pour animaux et la qualité des aliments pour animaux est principalement mesurée par les concentrations de protéines brutes présentes dans la matière sèche de l’aliment (Mahmud et al 2012). La teneur en protéines brutes des larves dans notre étude a varié entre 49,6 et 55,7 %. Cette plage est au-delà de celle obtenue par Chia et al (2020) (30 à 46 %) ainsi qu’à d’autres valeurs rapportées par Sheppard et al (1994), Arango-Gutiérrez et al (2004), Newton et al (2005), St-Hilaire et Cranfil (2007) et Spranghers et al (2017) sur les larves de MSN nourries de diverses matières organiques dont la bouse de vache, le lisier de porc et la fiente de poule. Cependant, elle se rapproche de l’intervalle de 45-52 % observé par Holeh et al (2022) qui ont utilisé les déchets d’hôtels et de marchés comme substrats. Cela indique que les substrats que nous avons ciblés sont bien adaptés à l’élevage des larves de MSN. En termes d’efficacité relative, la fiente de poule a montré une teneur en protéines brutes plus élevée mais statistiquement similaire à celle du lisier de porc. En accord avec Holeh et al (2022), nous pensons que cette teneur élevée en protéines pourrait être due à la richesse en protéines de la fiente de poule. Cette hypothèse est confirmée particulièrement pour les protéines par Den Boer et al (2012, in Oonincx et al 2015) qui, dans une étude comparative, avaient rapporté des teneurs d’azote de 4,8 %, 2,55 % et 2,74 % respectivement pour la fiente de poule, le lisier de porc et la bouse de vache.

Les lipides, sous forme des triglycérides, constituent une source concentrée d'énergie notamment pour les espèces aquatiques ; ils fournissent également des acides gras essentiels qui ne peuvent pas être produits par l'organisme (Sargent et al 1995). Les teneurs en lipides bruts des larves de MSN de notre étude sont comprises entre 11,2 à 12,2 %, la valeur la plus élevée étant observée pour la fiente de poule. Ces valeurs sont inférieures à ce qui est rapporté par Oonincx et al (2015) pour toutes catégories de substrats d’élevage confondues (20 à 40 %) et même par rapport aux taux variant entre 18,7 et 34,8 % trouvés avec des substrats similaires dans les travaux de Arango-Gutiérrez et al (2004), Newton et al (2005) et St-Hilaire et Cranfil (2007). Chez les larves de MSN, de faibles teneurs en lipides corrélées avec des teneurs élevées en protéines ont aussi été rapportées par Chia et al (2020). Mohanta et al (2016) expliquent ce phénomène par la relation inverse qui existe entre les protéines et les lipides dans les tissus animaux.

La teneur en cendres permet de mesurer la quantité totale de minéraux contenus dans un aliment. Les poissons ont besoin des mêmes minéraux que les animaux terrestres pour la formation des tissus, l'osmorégulation et d'autres fonctions métaboliques. Les minéraux jouent un rôle primordial dans la détermination de la valeur nutritionnelle des aliments (Lall 2002). Les taux de cendres brutes obtenues dans notre étude (11,5 - 12,4 %) sont supérieurs à ceux rapportés par Spranghers et al (2017) dont l'étude sur la composition nutritionnelle des prénymphes de MSN élevées sur différents substrats de déchets organiques a révélé une composition en cendres brutes de 10,0 % ; 9,6 % et 2,7 % respectivement sur les aliments pour poulets, les déchets végétaux et les déchets de restaurant. La fiente de poule s’est caractérisée par une teneur plus élevée mais dans l’ensemble les résultats enregistrés indiquent que la teneur en cendres brutes des larves n’a pas été influencée par le substrat d’élevage.

Les fibres apportent du volume aux aliments. Une certaine quantité de fibres dans les aliments permet une meilleure liaison et facilite le passage des aliments dans le tube digestif (Ayuba et Iorkohol 2013). Les larves de MSN produites sur les trois substrats avaient des teneurs en fibres comprises entre 8,17 à 12,1 %, valeurs encore acceptables pour l’alimentation des poissons, car d’après De Silva et Anderson (1995) des taux dépassant 8 à 12 % dans l'aliment ne sont pas recommandés parce qu’ils diminuent la digestibilité des nutriments. La plage de teneurs en fibres brutes obtenue dans cette étude est supérieure à celle de 4,02 à 4,92% rapportée par Holeh et al (2022) avec des larves élevées sur les déchets d’hôtels et de marchés, mais comparable aux résultats de Park et al (2013), Mahmud et al (2020) et Chia et al (2020) qui avaient enregistré des teneurs variant de 6,7 % à 12,1 % sur différents types de substrats. Dans notre cas, la fiente de poule a donné des larves au taux en fibres brutes supérieur à celui du lisier de porc mais similaire à celui de la bouse de vache. Ceci est conforme à la conclusion de Tschirner et Simon (2015) selon laquelle le type de déchets organiques dont les larves d’ Hermetia illucens sont nourries peut affecter leur teneur en fibres. En accord avec Kim et al (2023), la supériorité de la fiente de poule s’expliquerait, comme pour la teneur en protéines brutes, par sa faible humidité comparativement aux deux autres substrats que nous avons utilisés.


Conclusion

Cette étude a permis de montrer que la bouse de vache, le lisier de porc et la fiente de poule sont des substrats globalement adaptés à l’élevage des larves de Hermetia illucens. Les larves produites sur la fiente de poule ont manifesté un meilleur taux de survie mais aussi le poids sec le plus élevé comparativement aux deux autres substrats. Par contre, la bouse de vache s’est montrée la moins performante pour les trois paramètres relatifs à la biomasse. En termes de qualité nutritionnelle, ce sont les larves de H. illucens produites sur la fiente de poule qui ont également montré les meilleures performances particulièrement pour les protéines brutes, les lipides bruts et les cendres. En définitive, par rapport au contexte de Bukavu, de ces trois substrats utilisés, du point de vue quantitatif et qualitatif, la production des larves de la mouche soldat noire, comme ingrédient alimentaire pour le bétail (volaille, poissons, porcs), est préférentiellement indiquée avec la fiente de poule.


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